Les expatriés : nos ambassadeurs hors de France

En 2020 l’entreprise a réalisé 65 % de son chiffre d’affaires hors de France. Cette internationalisation réussie repose en partie sur l’engagement de ses collaborateurs expatriés, véritables maillons forts de l’entreprise. 

Plongez dans le quotidien et les enjeux de nos expatriés avec Sandrine Taillefer, DRH chez Matière, entourée de Chawki Djouini, Chargé d’affaires export en Algérie, Guillaume Dumont, gérant commercial au Panama et Claude Valdenaire, ingénieur export aux Philippines.

L’expatriation, c’était un choix ou un hasard ? 

Guillaume Dumont, gérant commercial, Panama : Un choix définitivement ! Attiré depuis toujours par l’international, j’ai été expatrié une grande partie de ma carrière. J’ai mis le cap sur Hong Kong après mes études dans le cadre d’un VIE (Volontariat International en Entreprise) et depuis je n’ai pas cessé de bouger ! Le Royaume-Uni, l’Espagne, les Pays-Bas, le Brésil, la Colombie… le Panama est le huitième pays de ma vie professionnelle.

Chawki Djouini, chargé d’Affaires Export, Algérie : Un vrai choix même si mon cas est particulier car je suis expatrié dans mon pays d’origine, l’Algérie ! Je suis l’un des plus anciens collaborateurs de Matière, avec 31 années de collaboration. Après 10 années en France, j’avais envie de rentrer dans mon pays natal. J’ai d’abord été missionné comme consultant pour Matière à Alger, puis la direction m’a proposé un poste de Chargé d’affaires. 

Claude Valdenaire, ingénieur export aux Philippines : C’est également un choix personnel. Ma motivation ? Changer de milieu professionnel et personnel pour gagner en épanouissement. J’ai démarré ma carrière à Papeete dans le cadre d’un VIE puis j’ai été expatrié en Thaïlande, en Tunisie, au Portugal, à Hong Kong, en Israël et depuis 2014 aux Philippines pour Matière. 

Dressez-nous l’état des lieux de l’expatriation chez Matière. 

Sandrine Taillefer, DRH chez Matière : Sur 500 collaborateurs, Matière compte 25 expatriés, installés majoritairement en Afrique, notamment au Sénégal et en Côte d’Ivoire. L’Indonésie est également un pays majeur d’expatriation, de même que les Philippines, qui a été notre premier pays d’expatriation en 2008. Nous distinguons deux types d’expatriés : les chargés d’affaires et le personnel de chantier. Les chargés d’affaires démarchent les nouveaux marchés et étudient leur potentiel, afin de décider ou non d’établir une structure locale. C’est le cas en Côte d’Ivoire et au Sénégal où nos contrats à long terme nécessitent la présence d’expatriés Matière (chargés d’affaires, ingénieurs, personnel administratif et financier) et la création d’une structure locale qui travaillent en étroite collaboration avec les acteurs locaux. 

En parallèle, nous envoyons du personnel de chantier en expatriation pour des opérations ponctuelles dans les pays : des chefs de chantiers ou conducteurs de travaux qui assurent notamment le montage de nos produits qui sont fabriqués dans nos usines en France. 

Quelles sont vos missions en tant qu’expatriés ?

Guillaume Dumont : Installé depuis deux ans au Panama, j’ai carte blanche pour explorer les opportunités de développement en Amérique Latine et Centrale. Pourquoi le Panama ? Car c’est une plateforme logistique et de transport, idéalement située pour se déplacer facilement dans les pays de la zone. Aujourd’hui, je suis le seul représentant Matière dans cette zone.  

Chawki Djouini : Basé en Algérie depuis 2010, je suis Chargé d’affaires pour le Maghreb et le Moyen Orient, une zone stratégique avec des besoins d’infrastructures importants. Je suis responsable des projets depuis la prospection jusqu’à la livraison des ouvrages d’art sur les chantiers et je dirige également l’entité commerciale de Matière en Algérie. 

Claude Valdenaire : A mon arrivée aux Philippines en 2014, Matière avait déjà mis en place une structure, le marché philippin ayant été identifié comme le plus attractif d’Asie du Sud-est. Aujourd’hui, nous sommes deux expatriés et 14 collaborateurs philippins. Notre mission, c’est de développer Matière aux Philippines en exportant notre savoir-faire, nos idées, notre ingénierie et notre produit mixte préfabriqué Unibridge®.

Quels sont vos grands enjeux ?

Guillaume Dumont : La priorité c’est le métal et notre technologie Unibridge®. Nous sommes confrontés à une forte réticence à l’égard de tout ce qui est nouveau, les clients privilégiant les technologies qu’ils maîtrisent. Notre principal concurrent, c’est le béton avec un acteur majeur au Mexique. 

Chawki Djouini : En effet, convaincre nos clients de construire des ponts métalliques est un véritable défi au Maghreb et au Moyen Orient car la culture béton est très forte pour les ouvrages d’art. 

Claude Valdenaire : Nos enjeux, c’est d’apporter à nos clients les compétences qu’ils ne possèdent pas et de les satisfaire sur toutes les phases du projet. Nous sommes garants du respect des délais, de la qualité, de la sécurité et de la maîtrise des coûts, autant d’éléments qui nous permettent de gagner la confiance des clients.

Comment Matière accompagne-t-il ses expatriés ?

Sandrine Taillefer : Nous les accompagnons au niveau administratif, matériel et technique. Nous mettons à leur disposition un package « Expat » pour la couverture sociale et retraite et un contrat « Expat » comprenant indemnité locale, aide au logement, véhicule, transport aérien famille. Notre objectif, c’est de permettre à nos salariés de conserver le même niveau de vie qu’en France et de maintenir leurs droits à la retraite quand ils rentrent. 

Chawki Djouini : Nous sommes autonomes dans notre quotidien, mais soutenus par Matière pour tous les aspects techniques, juridiques et administratifs. Avant la crise sanitaire, Matière organisait une rencontre annuelle de tous les chargés d’affaires, pour échanger sur nos enjeux ou encore nos défis techniques.  

Claude Valdenaire : Matière nous soutient au niveau commercial via ses actions de prospection initiale ainsi que sur la mise en place et la formation d’une équipe locale. Nous pouvons nous appuyer sur un référent unique au siège en France. Point d’entrée en France, Il facilite nos relations avec les usines, le service achat, le service comptabilité etc. 

Selon vous, quelles sont les clés d’une expatriation réussie ?

Guillaume Dumont : L’expatriation est un choix familial, qui a des conséquences sur la vie des autres membres de la famille. Il faut donc construire ce projet avec son conjoint en anticipant bien les changements de mode de vie et les éventuels chocs culturels. Il faut aussi être autonome et comprendre les codes et les coutumes du pays d’accueil.

Claude Valdenaire : La maîtrise de la langue locale est également indispensable ainsi que la bonne compréhension des habitudes et codes professionnels locaux. En Asie par exemple, on ne dit jamais non aux clients. Il ne faut pas être arrogant et ne surtout pas leur faire perdre la face.

Chawki Djouini : J’approuve entièrement ! L’équilibre dans sa vie de couple, l’épanouissement de la famille, l’intégration et la richesse sociale, culturelle et professionnelle sont clés. Tout comme la compréhension de la culture et des usages arabophones : ici ce sont les relations humaines qui comptent, il faut aller à la rencontre des clients. 

Recommanderiez-vous l’expatriation à un jeune ?

Chawki Djouini : L’expatriation est une expérience marquante dans une vie. Il faut une vraie capacité d’adaptation, être ouvert au monde et curieux, s’intégrer dans les us et coutumes du pays. Pour moi, être expatrié, c’est devenir citoyen du monde et ambassadeur de son pays natal dans le pays d’accueil. L’économie d’un pays ne se limite pas à ses frontières et pour réussir, un Etat et donc ses entreprises, doivent envoyer leurs salariés à travers le monde.

Claude Valdenaire : C’est une expérience que je recommande vivement, à condition d’alterner les périodes en France et à l’étranger et de privilégier sa situation familiale. Il est souvent plus facile de s’expatrier en début ou fin de carrière ou encore avec des enfants en bas âge. L’expatriation est plus facile pour le conjoint s’il peut, lui aussi, poursuivre sa carrière. 

Guillaume Dumont : C’est très personnel. Tout le monde n’est pas apte à l’expatriation, avant tout, il faut une envie forte et une vraie curiosité pour les cultures différentes. Selon moi, le VIE est un très bon moyen de tester cette expérience d’expatriation.  

Sandrine Taillefer : Je rejoins le point de vue de chacun : l’expatriation est une très belle expérience à condition d’être anticipée, mûrie et construite. Nos expatriés jouent un rôle clé pour Matière, car ils représentent l’entreprise dans les pays d’accueil. Ce sont nos ambassadeurs. La crise sanitaire a bien montré l’importance d’avoir notre personnel sur place : c’est ce qui permet de poursuivre l’activité lorsqu’il n’est plus possible de se déplacer.